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beauvoir
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Généalogie- Histoire locale- Familles picardes- Breteuil-s-Noye- Sites préférés-Ecrits favoris
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25.04.2006
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04.08.2008
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Spiritualite

La vie, un cadeau ?

Posté le 11.06.2008 par beauvoir
"J'ai essayé d'expliquer à mes parents que la vie, c'était un drôle de cadeau.
Au départ, on le surestime ce cadeau : on croit avoir reçu la vie éternelle.
Après, on le sous-estime, on le trouve pourri, trop court,
on serait presque prêt à le jeter.
Enfin, on se rend compte que ce n'était pas un cadeau, mais juste un prêt.
Alors on essaie de le mériter.
Plus on vieillit, plus il faut faire preuve de goût pour apprécier la vie."

Eric-Emmanuel Schmitt - Oscar et la dame rose, page 97

"Voilà mon secret : regarde chaque jour le monde comme si c'était la première fois."

ibidem, page 95

"Les gens craignent de mourir parce qu'ils redoutent l'inconnu.
Mais justement, qu'est-ce que l'inconnu ?
Je te propose de ne plus avoir peur, mais d'avoir confiance."

ibidem, page 66

"On fait comme si on ne venait à l'hôpital que pour guérir. Alors qu'on y vient aussi pour mourir. Et je crois qu'on fait la même erreur pour la vie. Nous oublions que la vie est fragile, friable, éphémère. Nous faisons tous semblants d'être immortels."

ibidem, page 18

"Je ne conçois pas ma vie sans toi. C'est pourtant une belle aventure la vie d'un couple, surtout en vieillissant, quand on a traversé des épreuves. Un couple, c'est fragile, toujours secoué, toujours à construire, mais il faut se battre pour le conserver."

ibidem, pages 76-77

"Des pensées que tu n'exprimes pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourissent.
Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu ne parles pas."

ibidem, page 20

Je remercie Louis-Marie Salefran pour la photo de ce soleil couchant.



--

Je t'aime

Posté le 06.06.2008 par beauvoir
Photo empruntée au site de la commune de Tende - rubrique "Photothèque"

Je me souviens de ce couple, lors d'une rencontre de préparation au mariage, où nous parlions de la fidélité. Tout d'un coup elle se met à avouer à son compagnon qu'elle l'avait trompé au début de leur rencontre, alors qu'ils s'étaient déjà promis fidélité.
Aprés un moment de silence respectueux devant cet aveu qui implorait avec des larmes le pardon de l'autre, je l'ai vu, lui, la regarder avec un vrai regard d'amour.
Il avait compris le poids et la vérité de cette annonce inattendue et il a répondu en lui prenant doucement la main : "Tu sais bien que je t'aime au delà".

Témoignage d'Yves Lefrançois - diocèse de Beauvais

Bertrand Bibolé

Posté le 04.06.2008 par beauvoir
Témoignage de Bruno Cazin, ancien interne en médecine à Paris,
devenu prêtre dans le diocèse de Lille.

Interne en médecine, j'ai été le témoin en 1982, plus de cinq mois durant, du cheminement difficile d'un jeune malade d'une vingtaine d'années, cheminement dans la maladie et la souffrance avec et en Dieu.
Bertrand était issu d'une famille unie, dans un milieu aisé, il était étudiant à l'étranger, dans une école hôtelière réputée. Il était chrétien, élevé dans une famille et une école catholiques. La foi était importante dans sa vie, nous en parlions. Malade depuis plus de neuf mois quand je l'accueille à l'Hôpital Saint-Antoine, il connaît sa maladie redoutable, mais espère encore guérir. Il se bat et fait preuve d'un admirable courage. Ce combat, il le mène avant tout en raison de son jeune âge, de cette force vitale qui est en lui.
Comme nous tous, il ignore l'origine du mal, et encore plus le pourquoi ; il refuse pourtant avec force la notion de fatalité. La mort, il la voit avant tout comme un échec. Il préfère ne pas en parler et se battre "parce qu'il doit vivre". La vie éternelle, la résurrection ... oui ... mais ce n'est pas évident et son visage s'assombrit à cette idée. Non la mort ne peut pas faire partie de ses perspectives d'avenir. Il doit vivre et en témoigne par un intense tissu de relations dont certaines ressoudées par la maladie : amis, famille, qui le visitent ou avec lesquels il correspond. Le monde n'est pas arrêté du fait de la maladie, celle-ci est perçue comme une parenthèse, un peu longue, certes, mais la vie normale reprendra ensuite comme à l'habitude, inchangée, du moins le croit-il.
Et c'est ainsi qu'il demande à pouvoir participer aux décisions thérapeutiques le concernant, tant celles qui engagent la vie bien-sûr, mais aussi celles plus limitées, apparemment sans importance : le changement d'un antibiotique, le pourquoi des prises de sang, ... Il prouve par là sa présence, son autonomie, sa liberté et celle-ci lui permet d'avoir de l'humour et de s'intéresser à des choses extérieures à l'hôpital.
Il faut souligner ici, l'originalité d'une telle situation de liberté au cours de ce type de maladie grave et durable dont il souffre. Mais l'équipe soignante de l'hôpital suisse auprés de laquelle il a vécu les huit premiers mois de sa maladie, tenait un langage de vérité, d'information et de participation que Bertrand nous avait demandé de poursuivre, malgré la difficulté.

Le long parcours de la maladie dont je suis témoin, se vit dans un univers quasi carcéral, celui d'une chambre stérile dont le malade ne peut sortir et dans laquelle aucun proche ne peut pénétrer, les contacts ne se faisant qu'à travers une vitre. Cette ambiance, nouvelle pour lui, où de surcroît la présence de l'équipe soignante est constante, le coupe du monde qui l'entoure et lui ôte toute autonomie. Le long parcours de la maladie offre des périodes d'espoir et des perspectives de guérison. Il est jalonné de moments intenses où se jouent la vie et la mort. Il est marqué par les interrogations anxieuses, la solitude, la nudité, l'abandon, la déception. Il transforme l'homme et Bertrand, toujours combatif, finit au bout de deux mois de luttes, par démissionner, voire désirer s'abandonner à la mort, en même temps que ses forces déclinent. C'est alors que chaque évènement est considéré comme une fatalité, une tuile : ainsi la pose d'un nouveau cathéter est responsable d'une telle anxiété qu'elle provoque une défaillance tensionnelle ou une agitation incontrôlée. Les prescriptions médicales sont vécues comme des contraintes, en particulier les horaires auxquelles il doit se conformer exactement. Obéir comme on obéit au maître en classe, comme on obéit à la loi, comme on respecte les commandements ... Et les prescriptions, faites pour aider, deviennent contraintes, elles sont des règles opprimantes ne laissant aucune place à la liberté, à l'initiative, au choix, au désir. Une telle attitude trouve son origine dans une éducation marquée par le respect du code, des règles de vie, de la politesse, de bienséance. Cette attitude est d'autant plus ancrée en lui qu'elle trouve sa justification dans la religion, la Loi, les "principes" sacrés et le respect des prescriptions médicales en est un.
De ce fait, Bertrand ne participe plus aux décisions, il ne s'y intéresse plus, il abrège les visites, fait débrancher le téléphone. Tout se passe comme s'il n'existait plus ... Et il s'en aigrit : on le serait à moins. Plus grave encore, le champ est libre pour les situations d'impasse, le fatalisme, les ornières desquelles il est impossible de sortir.
Cette attitude provoquée par la maladie, est le fait plus profond de blocage, de refus de spontanéité, de résignation, de non à la vie, de non à l'initiative créatrice de Dieu. Elle se caractérise par l'ignorance de la gratuité, et donc par la culpabilité : "Si je ne vais pas bien, c'est que j'ai pris mon comprimé trop tard ; si je ne guéris pas, c'est que je ne le mérite pas."
Bertrand négocie la vie comme on négocie un bien. Sa vie lui est comme étrangère, elle est devenue une force aux prises avec la mort, et cette lutte l'épuise. La vie attendue, réclamée comme un dû, comme un droit, cède peu à peu à la maladie. En cela elle est porteuse de mort, de mort sans fin.
Ainsi Bertrand cède peu à peu à la maladie, voit la mort approcher sans avoir la force de la combattre : "Laissez-moi mourir !" dit-il.
Or à cette attitude mortelle, s'oppose l'accueil du souffle de vie, de l'Esprit ... et après cette révolution, par le renversement d'une situation, la réconciliation est possible. J'en ai été le témoin.
J'ai essayé d'aider Bertrand à se souvenir de ce qu'est la vie. La vie libre, en bonne santé : une balade en montagne, une soirée entre amis ; à se remémorer ce qui récemment était perçu comme vie en plénitude : l'oiseau qui chante, le vent qui souffle, un enfant qui court. Ensemble nous avons regardé le combat mené à l'hôpital contre sa maladie comme un combat raisonnable qui invitait à contempler la vie, la vie sans prix, inestimable, la vie que l'on ne peut négocier au risque de la perdre. Et Bertrand a contemplé cette force de vie, cette force libre, gratuite comme un bouquet de fleurs, comme un sourire. Il a pris conscience de la contrainte, de l'oppression que provoquait en lui le respect des precriptions médicales. Il a mesuré que prendre un comprimé à sept heures au lieu de six n'était pas un "péché mortel." Il s'est libéré des blocages, des refus qu'impliquaient une attitude de consommateur, de créancier de la vie et de la revendication agressive de sa possession.
"Si, ne serait-ce qu'une fois, tu t'es détourné de ce but, survivre à tout prix, si tu t'es engagé sur la voie que prennent les âmes simples et paisibles, tu en es transformé merveilleusement." Et Bertrand va accomplir cette parole de Soljénitsyne (L'Archipel du Goulag) : se libérer des blocages, ne plus réclamer la vie comme un dû, mais l'accueillir comme un don, un présent de Dieu.
Alors tout est changé, l'infirmière n'est plus bien éduquée, mais devient sympathique ; l'angoisse fait place au sourire, la peur à l'espérance. L'horizon se libère et de nouveau s'ouvrent des perspectives dynamiques. L'avenir existe, différent d'une simple répétition du passé, accueil toujours nouveau du présent de Dieu. Ainsi Bertrand réécrit aux amis, se réjouit des visites, élabore des projets de week-end, accepte des invitations. Il donne le meilleur témoignage de l'accueil de la vie, de la grâce de Dieu qu'est la joie, le sourire et même l'humour.
Bertrand nous a donné ce témoignage, et peu de temps après, il est mort. Cette mort, il ne l'ignorait pas, il la savait proche, mais elle était devenue toute autre. Elle venait là, à 22 ans, personne ne savait pour quelle raison, ni même s'il y en avait une. Mais la vie par contre, il la connaissait, il savait désormais l'accueillir. Il l'accueillait comme un don, une proximité de Dieu qui fait vivre. Et cet accueil, cette joie, ont triomphé de la mort. Ils persistent au delà de l'inéluctable de la mort.
Et pourtant cette mort est perçue par l'entourage et moi-même comme un scandale. Et parce qu'elle est scandale, elle nous invite à contempler l'imense force d'amour. De l'amour qui, dans le Christ crucifié, triomphe de la mort. Elle nous fait vivre le mystère pascal et nous convie à l'action de grâces. Action de grâces devant la force de Dieu qui fait vivre, action de grâces pour la résurrection vécue dans l'Eucharistie. Nous avons vécu avec Bertrand cet admirable parcours de la découverte de la liberté donnée par Dieu. Et en vivant pleinement de ce don, Bertrand nous aidait à accueillir la force rédemptrice du Christ, dans la joie et au delà de l'inéluctable de la mort. Cet accueil de la liberté convertit une vie. Dans une vie bloquée, crispée sur un passé révolu, elle ouvre des perspectives toujours nouvelles, elle ouvre un avenir, plénitude de vie en Dieu. Nous saisissons alors avec acuité, l'importance des paroles du Christ ressuscité qui nous libère : "La paix soit avec vous, réjouissez-vous." N'est-ce pas cette paix et cette joie de Bertrand converti, qui sont pour nous anticipation du royaume ? L'accueil de Dieu, source de vie et libération d'une culpabilité écrasante de la maladie que le Christ rejette violemment (Jean ch 9 et Luc ch 13 v 1 à 5). Il nous invite à une liberté toujours plus grande, nous libérant des contraintes du devoir, dépassant les souffrances et la mort pour s'accomplir en Dieu, nous libérant de l'effort de survivre pour vivre et vivre toujours.
La vie est absurde dans la souffrance et la mort, si le regard se polarise sur le passé, un passé qui ne sera plus ; elle devient vie, et vie éternelle, si elle prend sens dans le présent, dans l'accueil du don de Dieu qui est plénitude d'amour. Alors le regard sur la souffrance devient tout autre : "J'estime que les souffrances du temps présent ne font pas le poids face à la gloire qui va nous épanouir." (Romains ch 8 v 18)

Qui que tu sois, Il te regarde

Posté le 28.05.2008 par beauvoir
Photo empruntée au site de Notre-Dame de Paris

Il t'appelle par ton nom (Jean 10 - 3)
Il te voit et te comprend, aussi bien qu'Il t'a fait.
Il sait ce qu'il y a en toi,
tous tes sentiments
et tes pensées propres,
tes indignations et tes goûts,
ta force et ta faiblesse.
Il te voit dans tes jours de joie
comme dans tes jours de peine.
Il sympathise avec toi dans tes espoirs et tes tentations.
Il prend intérêt à toutes tes anxiétés et tes souvenirs,
à tous les élans et à tous les découragements de ton esprit.
Il a compté jusqu'aux cheveux de ta tête et aux coudées de ta taille.
Il t'entoure de ses bras et te soutient ;
Il t'élève et te remet à terre.
Il regarde ton visage, dans le sourire ou les pleurs,
dans la santé ou la maladie.
Il regarde tes mains et tes pieds ;
Il entend ta voix, le battement de ton coeur,
et jusqu'à ton souffle.
Tu ne t'aimes pas mieux toi-même qu'Il ne t'aime.
Tu ne peux pas trembler davantage devant la souffrance
plus qu'Il ne répugne à te voir la subir ;
Et s'il la fait descendre sur toi,
c'est comme tu l'appellerais toi-même,
si tu étais sage, pour qu'elle se tourne ensuite en un plus grand bien.

Cardinal John Henry Newman (décédé en 1890)

Supplication !

Posté le 27.05.2008 par beauvoir
Pourquoi nous abandonner,
Si Tu as promis de ne jamais nous lâcher ?

Pourquoi ne pas nous répondre,
Toi qui suscites notre prière ?

Pourquoi rester si loin,
Quand Tu as toute notre confiance ?

De grâce, laisse-nous encore T'interroger !

Je remercie Louis-Marie Salefran pour cette photo de Montmartre.

Adore et confie-toi !

Posté le 23.05.2008 par beauvoir
Photo empruntée au site de la commune de Tende - rubrique "Photothèque"

Ne t'inquiète pas de la valeur de ta vie,
de ses anomalies, de ses déceptions,
de son avenir plus ou moins obscur et sombre.
Tu fais ce que Dieu veut.

Tu lui offres au milieu de tes inquiétudes et de tes insatisfactions,
le sacrifice d'une âme humiliée qui s'incline malgré tout
devant une Providence austère.

Peu importe que dedans l'intime de toi-même,
tu sentes, comme un poids naturel,
la tendance à te replier sur tes tristesses et tes défauts.

Peu importe que, humainement, tu te trouves "raté"
si Dieu, Lui, te trouve réussi à son goût.
Petit à petit, Notre Seigneur te conquiert
et te prend pour Lui.

Je t'en prie, quand tu te sentiras triste,
paralysé, adore et confie-toi.
Adore en offrant à Dieu ton existence
qui te paraît abîmée par les circonstances :
quel hommage plus beau que ce renoncement
amoureux à ce qu'on aurait pu être !

Confie-toi. Perds-toi aveuglément dans la confiance
en Notre Seigneur qui veut te rendre digne de Lui et y arrivera,
même si tu restes dans le noir jusqu'au bout,
pourvu que tu tiennes Sa main toujours,
d'autant plus serrée que tu es déçu ou attristé.

Sois heureux fondamentalement, je te le dis.
Sois en paix. Sois inlassablement doux.
Ne t'étonne de rien, ni de ta fatigue physique,
ni de tes faiblesses morales.

Fais naître et garde toujours sur ton visage le sourire,
reflet de celui de Notre Seigneur qui veut agir en toi et,
pour cela, se substituer à toi.
Au fond de ton âme, place avant tout comme base
de toute activité, comme critère de la valeur
et de la vérité des pensées qui t'envahissent, la paix de Dieu.

Tout ce qui te rétrécit et t'agite est faux,
au nom des lois de la vie,
au nom des promesses de Dieu.
Parce que ton action doit porter loin,
elle doit émaner d'un coeur qui a souffert :
c'est la loi, douce en somme.

Quand tu te sentiras triste, adore et confie-toi.

Pierre Teilhard de Chardin - SJ

Bienvenue chez les Ch'tis

Posté le 16.05.2008 par beauvoir
Bizarre la photo ... Sauf si on a aimé ce film comme on aime les fraises ... à la folie !

Pas étonnant que les Français, y compris le locataire de l'Elysée, se précipitent pour voir les "Ch'tis". Ils ont besoin de rire ! Chaque jour, les médias nous alertent sur la nouvelle calamité qui nous menace. Personne ne parle plus de la vache folle, ni de la grippe aviaire, qui ont pourtant largement alimenté le pessimisme planétaire. Mais pour qui cherche des raisons d'être déprimé, d'autres peurs ont pris le relais : le retour des famines, celui de Berlusconi, la croissance qui s'effondre, le déficit budgétaire qui s'envole, le réchauffement de la planète et le refroidissement des relations avec la Chine. Les journalistes semblent prendre un malin plaisir à attirer l'attention sur le clou qui dépasse ou la peau de banane qui traîne. Quelques-uns, pourtant, commencent à s'élever contre la dictature du pessimisme : une rafale de livres dénonçant les exagérations et les fausses terreurs répandues dans les médias vient d'être publié chez nos voisins anglais (curieusement, ils ne sont pas encore traduit en français). Le meilleur ? Panicoly. Ses auteurs, les deux statisticiens Simon Briscoe et Hugh Aldersey-Williams, inventorient les inquiétudes les plus répandues : l'astéroïde qui va percuter la Terre, l'obésité galopante, la crise des retraites, l'élévation du niveau des mers, ... et ils séparent, si l'on peut dire, le bon grain de l'ivraie. Et, pour mettre fin aux anxiétés irrationnelles, ils rappellent que la conscience des risques, "liés au fait d'être en vie", s'est développée de manière inversement proportionnelle à notre espérance de vie ! L'espèce humaine a toujours progressé parce que des hommes ou des femmes se sont levés, qui croyaient en un avenir radieux. Les entrepreneurs, comme tous ceux qui parient sur la modernité, sont optimistes jusqu'à l'inconscience. Andy Groove, le cofondateur de l'une des plus grandes sociétés de high-tech mondiales, Intel, peut bien répéter que seuls les paranoïaques survivent : l'histoire montre que, sur le long terme, ce sont toujours les optimistes qui ont le dernier mot.

Christine Kerdellant - Le Figaro 21 avril 2008

Prière et Politique

Posté le 15.05.2008 par beauvoir
Madame Royal envisage de porter plainte contre "Paris Match" pour l'avoir photographiée en train de prier dans une église. Malheureux journal ! Pris entre la sévérité des tribunaux, la protection de la vie privée et les tactiques des "people", on se demande quel cliché il pourra bientôt avoir encore le droit de publier. L'attitude de Ségolène, en revanche, est bizarre. A notre connaissance, il n'y a rien d'infamant à prier. Surtout pour quelqu'un qui fut considéré comme une madone lors de la présidentielle. Volontiers vêtue de blanc, le visage transfiguré, sautant d'un débat participatif à un jury populaire, soucieuse que nous nous aimions les uns les autres, elle apparut alors comme une missionnaire en croisade. Les temps changent, il est vrai : la conquête du parti socialiste, laïc et "bouffeur de curés", impose un changement d'image. Madame Royal l'a compris. Aprés tout, une messe ne vaut pas le PS.
D'autant qu'elle n'est pas dite.

Michel Schifres - Le Figaro du 10 mai 2008

Association

Posté le 07.05.2008 par beauvoir
Cette association créée par Daniel Genty, regroupe 200 membres et a plusieurs objectifs :

* développer le partage de nos différentes valeurs spirituelles,
tant par l'écrit (blog, lettres, média) que sur le terrain (réunions, ateliers).
* valoriser nos expériences, nos projets de vie.
* évoquer nos découvertes, nos coups de coeur.

L'association est donc un espace où chacun peut exprimer ses talents.
Par sa simple présence, car il y a des présences qui ont du talent,
Par sa parole,
Par ses écrits,
Par ses actions et compétences,
Par ses oeuvres en tant qu'artiste.

L'association n'est donc pas forcément un endroit où l'on reçoit,
mais aussi et surtout un lieu où l'on peut s'exprimer.

http://troismondes.canalblog.com/

La société malade de la gestion

Posté le 25.04.2008 par beauvoir
Ce livre de Vincent de Gaulejac analyse avec méthode ce virus de la "gestion" qui s'est abattu sur le monde dans lequel nous vivons et qui a accouché d'un nouveau type de pouvoir. Un pouvoir à la fois cynique et bureaucratique, mû par une logique financière de rentabilité à court terme, qui promeut la pensée unique et parle un jargon ridicule. Par exemple, ce chapitre consacré au "discours de l'insignifiance", qui donne des types de phrases creuses comme celle-ci : "L'excellence stimule les processus institutionnels de la performance" ! Mais on commence à trembler quand il apparaît que ce pouvoir détruit tout ce qu'il touche : les liens de solidarité, le sens du travail, et plus généralement le bien commun, à savoir ce qui nous appartient à tous, ce que nous transmettons aux générations futures. Dans un tel univers, nous ne sommes plus que des "ressources", autant dire des objets, obéissants et interchangeables. J'ai eu peur en lisant ce livre : ce qu'il décrit est vrai. Il me conforte dans l'idée que les régimes politiques monstrueux nés au XXème siècle ne sont pas morts avec lui, qu'il en reste quelque chose, et que cet insaisissable "quelque chose", nous vivons dedans. C'est cette nouvelle maladie de la gestion qui engendre un malaise généralisé et des souffrances multiformes. Nous subissons, mais sans nous révolter ; victimes consentantes, ne sommes-nous pas aussi les agents de cette extension du domaine de la gestion ? Ce monde, dans lequel vont vivre mes enfants, en vaut-il la peine ? Est-ce que moi je l'ai voulu ? Qu'ai-je fait pour le transformer ?

Commentaire de Corinne MAIER, psychanalyste,
en février 2005 dans "Psychologies"
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