Posté le 16.05.2008 par beauvoir
Pas étonnant que les Français, y compris le locataire de l'Elysée, se précipitent pour voir les "Ch'tis". Ils ont besoin de rire ! Chaque jour, les médias nous alertent sur la nouvelle calamité qui nous menace. Personne ne parle plus de la vache folle, ni de la grippe aviaire, qui ont pourtant largement alimenté le pessimisme planétaire. Mais pour qui cherche des raisons d'être déprimé, d'autres peurs ont pris le relais : le retour des famines, celui de Berlusconi, la croissance qui s'effondre, le déficit budgétaire qui s'envole, le réchauffement de la planète et le refroidissement des relations avec la Chine. Les journalistes semblent prendre un malin plaisir à attirer l'attention sur le clou qui dépasse ou la peau de banane qui traîne. Quelques-uns, pourtant, commencent à s'élever contre la dictature du pessimisme : une rafale de livres dénonçant les exagérations et les fausses terreurs répandues dans les médias vient d'être publié chez nos voisins anglais (curieusement, ils ne sont pas encore traduit en français). Le meilleur ?
Panicoly. Ses auteurs, les deux statisticiens Simon Briscoe et Hugh Aldersey-Williams, inventorient les inquiétudes les plus répandues : l'astéroïde qui va percuter la Terre, l'obésité galopante, la crise des retraites, l'élévation du niveau des mers, ... et ils séparent, si l'on peut dire, le bon grain de l'ivraie. Et, pour mettre fin aux anxiétés irrationnelles, ils rappellent que la conscience des risques, "liés au fait d'être en vie", s'est développée de manière inversement proportionnelle à notre espérance de vie ! L'espèce humaine a toujours progressé parce que des hommes ou des femmes se sont levés, qui croyaient en un avenir radieux. Les entrepreneurs, comme tous ceux qui parient sur la modernité, sont optimistes jusqu'à l'inconscience. Andy Groove, le cofondateur de l'une des plus grandes sociétés de high-tech mondiales, Intel, peut bien répéter que seuls les paranoïaques survivent : l'histoire montre que, sur le long terme, ce sont toujours les optimistes qui ont le dernier mot.
Christine Kerdellant - Le Figaro 21 avril 2008
Posté le 16.05.2008 par beauvoir
Notre-Dame de Noyon, ma nef au coeur de pierre,
Ancrée dans la cité depuis la nuit des temps,
Combien de chevaliers ont tissé de prières
La trame de l'Histoire et la chaîne des ans.
Un matin de juillet, Hugues y a courbé le front,
Sous tes voûtes sonores il a prêté serment.
C'est en ton sein, ce jour, qu'il a donné son nom
A la lignée des rois durant huit fois cent ans.
Tes ogives lancées à l'assaut des piliers
Ont résonné du pas des nobles et des gueux.
Combien de gentes dames et combien d'escholiers
Ont foulé le dallage où dorment les aïeux ?
Des gisants du narthex l'image est effacée
Par les fines sandales ou les sabots de bois.
Les hordes sacrilèges à leur tour sont passées,
Bûchant la statuaire et profanant la croix.
Certain jour de septembre, tes cloches se sont tues,
Tu cessas de rythmer les jours et les saisons ;
Des chevaux prirent place dans tes chapelles nues ;
Muette et impassible, entêtée, tu fis front.
Les anges de l'autel ont veillé sur ta vie,
Souriant sous leur or, bientôt, ils assistèrent
A ta résurrection, plus noble que jadis,
Cathédrale Notre-Dame, écrin de nos prières.
Combien de siècles, encore, quand nous ne serons plus,
Ton ombre double et noire se projettera-t-elle
Sur nos toits et nos places, nos cloîtres et nos rues,
Appelant au parvis la foule des fidèles ?
Nos aïeux sont venus en ton vaste vaisseau,
Nos parents, à leur tour, ont uni leur prières,
Et nos enfants, demain, prieront en ton berceau,
Notre-Dame de Noyon, ma nef au coeur de pierre.
Anick Baulard - Noyon 1999
Posté le 15.05.2008 par beauvoir
Madame Royal envisage de porter plainte contre "Paris Match" pour l'avoir photographiée en train de prier dans une église. Malheureux journal ! Pris entre la sévérité des tribunaux, la protection de la vie privée et les tactiques des "people", on se demande quel cliché il pourra bientôt avoir encore le droit de publier. L'attitude de Ségolène, en revanche, est bizarre. A notre connaissance, il n'y a rien d'infamant à prier. Surtout pour quelqu'un qui fut considéré comme une madone lors de la présidentielle. Volontiers vêtue de blanc, le visage transfiguré, sautant d'un débat participatif à un jury populaire, soucieuse que nous nous aimions les uns les autres, elle apparut alors comme une missionnaire en croisade. Les temps changent, il est vrai : la conquête du parti socialiste, laïc et "bouffeur de curés", impose un changement d'image. Madame Royal l'a compris. Aprés tout, une messe ne vaut pas le PS.
D'autant qu'elle n'est pas dite.
Michel Schifres - Le Figaro du 10 mai 2008
Posté le 07.05.2008 par beauvoir
Cette association créée par Daniel Genty, regroupe 200 membres et a plusieurs objectifs :
* développer le partage de nos différentes valeurs spirituelles,
tant par l'écrit (blog, lettres, média) que sur le terrain (réunions, ateliers).
* valoriser nos expériences, nos projets de vie.
* évoquer nos découvertes, nos coups de coeur.
L'association est donc un espace où chacun peut exprimer ses talents.
Par sa simple présence, car il y a des présences qui ont du talent,
Par sa parole,
Par ses écrits,
Par ses actions et compétences,
Par ses oeuvres en tant qu'artiste.
L'association n'est donc pas forcément un endroit où l'on reçoit,
mais aussi et surtout un lieu où l'on peut s'exprimer.
http://troismondes.canalblog.com/
Posté le 07.05.2008 par beauvoir
2 septembre 1918
"La nuit a été calme.
Je vais à l'observatoire.
Nous réglons sur le hameau de Tarlefesse.
Devant moi, à 3 km à vol d'oiseau, Noyon.
Pauvre Noyon.
Il ne reste que des ruines.
La cathédrale blessée,
tend vers le ciel comme des bras,
ses deux tours gothiques mutilées."
Robert Delouche - extrait de Journal d'un Poilu
Posté le 25.04.2008 par beauvoir
Ce livre de Vincent de Gaulejac analyse avec méthode ce virus de la "gestion" qui s'est abattu sur le monde dans lequel nous vivons et qui a accouché d'un nouveau type de pouvoir. Un pouvoir à la fois cynique et bureaucratique, mû par une logique financière de rentabilité à court terme, qui promeut la pensée unique et parle un jargon ridicule. Par exemple, ce chapitre consacré au "discours de l'insignifiance", qui donne des types de phrases creuses comme celle-ci : "L'excellence stimule les processus institutionnels de la performance" ! Mais on commence à trembler quand il apparaît que ce pouvoir détruit tout ce qu'il touche : les liens de solidarité, le sens du travail, et plus généralement le bien commun, à savoir ce qui nous appartient à tous, ce que nous transmettons aux générations futures. Dans un tel univers, nous ne sommes plus que des "ressources", autant dire des objets, obéissants et interchangeables. J'ai eu peur en lisant ce livre : ce qu'il décrit est vrai. Il me conforte dans l'idée que les régimes politiques monstrueux nés au XXème siècle ne sont pas morts avec lui, qu'il en reste quelque chose, et que cet insaisissable "quelque chose", nous vivons dedans. C'est cette nouvelle maladie de la gestion qui engendre un malaise généralisé et des souffrances multiformes. Nous subissons, mais sans nous révolter ; victimes consentantes, ne sommes-nous pas aussi les agents de cette extension du domaine de la gestion ? Ce monde, dans lequel vont vivre mes enfants, en vaut-il la peine ? Est-ce que moi je l'ai voulu ? Qu'ai-je fait pour le transformer ?
Commentaire de Corinne MAIER, psychanalyste,
en février 2005 dans "Psychologies"
Posté le 01.04.2008 par beauvoir
Posté le 01.04.2008 par beauvoir
Posté le 01.04.2008 par beauvoir
Ces photographies sont empruntées à un site touristique consacré aux Cévennes.
La France est belle. N'est-ce pas ?
Posté le 01.04.2008 par beauvoir
Je parcourais l'autre jour les rues de Karaganda au Kazakhstan. A force de tourner dans de tristes avenues, toutes identiques, bordées d'immeubles staliniens, j'eus envie de me retrouver au centre-ville. Mais l'homme qui me guidait me fit cette réponse : "Il n'y a pas de centre parce qu'il n'y a pas de temple." Notre humanité ne ressemble t-elle pas à Karaganda ?
Il y a deux ans, dans une librairie de Buenos-Aires, je feuilletais un livre sur l'histoire de l'art contemporain en Argentine. Tout à coup, j'eus un choc. Je me rendis compte que parmi les centaines de toiles représentées, il se trouvait beaucoup de cubes, de couleurs, de cercles, de tâches, de traits, ... Mais peu de paysages, et pour ainsi dire aucun visage, ou des visages terriblement défigurés. Où est l'homme ?
Je lis quelques revues d'économie. On y parle de chiffres, de statistiques, de marchés, de contrats, de cotations en bourse, des cours du dollar. Et je me dis : pour qui est faite cette économie ? Où est l'homme ?
J'écoute aussi certains discours politiques. On évoque les constitutions, les syndicats, les partis, et souvent je me dis : l'homme, toi et moi, où est-il ?
Il semblerait parfois qu'un bon professionnel doive s'abstenir de la réalité de l'homme, ne regardant plus que les chiffres, les éprouvettes et les graphiques.
Thierry de Roucy - Fondateur de l'Oeuvre Points-Coeur